Nous sommes confrontés à une crise sanitaire sans précédent liée à la propagation du Covid 19, contre lequel il n’existe pas encore de traitement ni de vaccin. La fin de cette pandémie mondiale, n’est pas claire.
Afin de lutter contre la propagation du virus, la France, comme de nombreux autres pays, a décidé une très forte limitation des transports et des déplacements et le confinement d’une partie importante de sa population.
Cela s’est traduit par un ralentissement sans précédent de l’économie.
Face à la crise les entreprises se sont d’abord préoccupées de la santé et de la sécurité de leurs collaborateurs et ont mis en place le télétravail lorsque cela était possible. L’apprentissage de l’utilisation de nouveaux outils virtuels par les collaborateurs a été incroyablement rapide et la digitalisation des entreprises a fait un bond spectaculaire.
Le confinement a réduit le déplacement des populations et ralenti la production industrielle entrainant une chute de la consommation
de pétrole, de gaz et d’électricité.
En France la chute de la demande d’électricité a été au début du confinement, de l’ordre de 20 % mais fin avril cette baisse a diminué
pour se situer autour de 10% (par rapport à l’année précédente).
Les opérateurs électriques ont mis en place avec succès leurs plans de continuation d’activité et, malgré les difficultés liées à la poursuite des travaux engagés lors des arrêts annuels de réacteurs nucléaires, la sécurité d’approvisionnement électrique est assurée.
Cela est d’autant plus important que les télécommunications et les centres informatiques, devenus encore plus vitaux avec le confinement nécessitent une alimentation électrique sécurisée.
Les collaborateurs des sociétés d’électricité et de gaz ont fait preuve d’un grand dévouement. Avec ce même esprit de service public, EDF par exemple, s’est engagé à ne pas couper l’alimentation électrique des populations les plus démunies durant plusieurs mois, même en cas d’impayés.
En France le déconfinement sera progressif et la reprise de l’activité économique sera probablement lente (en espérant qu’il n’y ait pas de reprise de la pandémie). La rapidité de la reprise impactera la remontée de consommation d’électricité.
Le télétravail (réduisant la mobilité) se poursuivra mais avec probablement une intensité qui se réduira progressivement. Les Utilities devront affiner leurs prévisions de consommation pour prendre en compte ce nouveau paramètre.
C’est aux entreprises, en accord avec les pouvoirs publics, de définir et mettre en oeuvre rapidement leurs politiques de télétravail après le déconfinement.
La numérisation s’est accélérée durant le confinement. A présent, les chefs d’entreprise doivent revoir leurs plans de digitalisation
en prenant en compte les aspects humains et la réalisation d’indispensables économies permettant de restaurer leurs finances mises à mal par la crise.
L’électricité, qui a prouvé son importance et sa résilience pendant la crise, devrait rester à l’avenir le vecteur d’énergie préféré. Cela dit, les modes de consommation seront modifiés pour tenir compte d’une probable diminution de la consommation du secteur tertiaire (lié au télétravail), et peut-être industriel, ainsi que d’une augmentation du secteur résidentiel
Pendant la crise, le taux de changement de fournisseurs a ralenti.
Après la crise, la situation pourrait changer, car les clients touchés par la diminution de l’emploi ou le chômage pourraient avoir des
problèmes budgétaires et rechercher le fournisseur le moins cher.
Les Utilities devraient dès à présent affiner leurs offres pour retenir leurs clients les plus sensibles.
La crise est susceptible d’avoir un impact négatif sur les finances de toutes les « Utilities » et ceux qui sont les plus fragiles pourraient ne pas survivre. Il devrait y avoir une consolidation notamment sur le marché de détail où le nombre d’acteurs a augmenté de manière significative ces dernières années. Les sociétés les mieux préparées pourraient en profiter.
A l’automne 2019, dans l’éditorial du WEMO(1) publié par Capgemini, j’ai écrit que seul un changement de mode de vie radical permettrait d’atteindre les objectifs climatiques de l’accord de Paris. La crise du Covid 19 a conduit à ce changement forcé qui s’est traduit par un effet bénéfique sur le climat avec une réduction annuelle de 8% des émissions de Gaz à Effet de Serre(2) . Mais ce résultat est obtenu au prix d’une très douloureuse crise sanitaire et économique.
Il faut espérer que nous sortirons rapidement et durablement de cette crise et que nous aurons appris à vivre de manière plus sobre ce qui permettrait de limiter le réchauffement de notre planète à long terme.
Colette Lewiner
Durant la crise du Covid 19,
l’électricité est plus nécessaire que jamais
Article en exclusivité pour le GP Energie des Arts & Métiers
Retrouver l’actualité du GP Energie sur LinkedIn https://www.linkedin.com/company/groupe-professionnel-energie-arts-et-metiers-alumni